The Revolution of French Bread Baking (part 2)

Published by Wednesday, April 20, 2011 Permalink 0

Dictionnaire Universel du Painby Jean-Philippe de Tonnac

translated and adapted by Jonell Galloway

Cliquez ici pour la version française

Franck Debieu, a guiding light in the French bread revolution?

French bread baking is quietly but surely undergoing a revolution. It is adapting to today’s changing world. And like the European Renaissance, it is, surprisingly, rediscovering its origins, its long history of tradition, and reinventing them in light of scientific discoveries and expertise, which have allowed bakers to know more about the wheat, leavening, salt and water they use to produce their works of art. They are trying to revitalize their production and sales teams. L’Etoile du Berger bakery in Sceaux, just south of Paris, is unquestionably the greatest innovator in this revitalization.

Franck Debieu, the mastermind behind l’Etoile du Berger, looks as if he just stepped out of a Fragonard painting. The mildest of manner, matched with the strictest of standards. “Matchmaking” is his obsession. This business-minded bread baker is brimming with resourcefulness. His intelligence covers all territories: from the most basic raw materials to sensitivity to the human element. This discerning approach to bread baking certainly has its place in a French society totally caught up in a phase of decomposition and recomposition. Intuitiveness, audacity, business sense: all necessary to confront the task at hand.

Continue Reading…

Never miss a post
Name: 
Your email address:*
Please enter all required fields
Correct invalid entries

Un boulanger ne fait pas le printemps mais y contribue (2)

Published by Friday, April 15, 2011 Permalink 0

Dictionnaire Universel du Painpar Jean-Philippe de Tonnac

Click here for English version

La révolution du Berger

La boulangerie française est en secrète révolution. Elle s’adapte à un monde qui change. Elle redécouvre avec étonnement son passé immémorial. Elle se réinvente à la lumière des expertises scientifiques qui lui font mieux connaître les blés, les ferments, le sel, l’eau avec lesquels elle travaille. Elle cherche à dynamiser ses équipes dédiées à la production et à la vente. C’est dans ce dernier secteur que l’Etoile du Berger innove résolument.

Franck Debieu, son créateur, donne l’impression de s’être échappé d’un tableau de Fragonard. Extrême douceur mariée à une exigence extrême. Les mariages, c’est son obsession. Les atouts de ce boulanger entrepreneur sont multiples. Intelligence des matières et des hommes. Sens de la boulangerie qui retrouve sa place dans une société française en totale dé/recomposition. Intuitions, audaces, sens du commerce. Il a voyagé pendant sept ans comme compagnon sur le Tour de France, puis comme expert auprès des boulangers dans le monde entier. Il a étudié différentes formes de levain, dont un levain liquide qui a fini par avoir sa préférence. Il a ouvert trois magasins à l’enseigne de l’Etoile du Berger à Sceaux, Fontenay aux Roses et Meudon, aux portes sud de la capitale, où il propose un pain qui tient les promesses qu’on avait placé dans ce compagnon boulanger.

L’Etoile désormais allumée au firmament de la boulangerie, Franck s’est attelé à cette tâche innovante et prometteuse : évaluer le potentiel exact d’une équipe de boulange(è)r(e)s – pâtissie(è)r(e)s aguerris, d’une part, d’une équipe de vendeu(r)s(es) d’autre part et imaginer entre l’une et l’autre des passerelles, des transferts, des complicités cachées. La boulangerie a commencé à se réinventer en France par les fournils, une fois libéré la force créatrice des artisans (libération des prix en 1987 et décret de la baguette de tradition française en 1993), mais elle est encore loin d’avoir traduit ces changements au niveau de la vente. Demeure une ligne Maginot entre le fournil et le magasin, traditionnellement entre le boulanger et son épouse, même si les protagonistes ont changé, les fonctions évolué.

La petite révolution de l’Etoile est donc d’inviter ceux qui produisent à vendre et ceux qui vendent à produire. Inacceptable, l’attitude du boulanger enfermé dans son fournil qui ne se soucie pas de ceux qui vont manger son pain. Inacceptable, l’attitude de la vendeuse qui annone sa leçon à propos du pain « sur levain liquide » et qui n’a jamais plongé ses mains dans l’onctueuse pétrissée durant ses longues heures de pointage. Si la vendeuse franchie les portes du fournil, enfile le tablier, inventorie les entrants de la recette dont elle ne connaît que le stade final (la « tourte du grenier », le « pavé du Berger », l’ « épeautre et graines de lin bio », le « torchon abricot », le « cœur de rêve », etc.), fait tourner le pétrin, façonne, enfourne, écoute la petite musique du ressuage, alors il y a une sorte de « déclic », une petite illumination, après quoi la vente n’aura plus jamais la même saveur. Ni le monde. Ces jours dans le fournil lui donnent des ailes. Même chose pour le mutique artisan qui montre le bout de son nez enfariné dans le magasin et découvre tout à trac ce que sont les mangeurs de pain. Bigre !

Ajoutez à ces roques, le sentiment partagé par quelques-uns dans la profession qu’il est temps de féminiser les fournils, à partir du moment où la mécanisation du process permet de solliciter musculairement les acteurs d’une manière plus yin. « Féminiser les fournils | masculiniser la vente » pourrait être le devise d’un Berger qui cherche à favoriser toutes les mobilités et partant, of course, la c.r.é.a.t.i.v.i.t.é.

Sabrina Tesan, responsable d’une équipe de vente et actuellement en formation pour passer son CAP de pâtissière : « Plus que tout, c’est de vivre ce rapport à la matière qui me donne du plaisir. » Stéphanie Jiménez King, responsable des ventes : « L’Etoile du Berger m’a permis de vivre une énorme évolution en commençant en tant qu’apprentie pour devenir responsable des ventes. L’Etoile n’est pas pour moi qu’une boulangerie de haute qualité. Elle est une école de la vie. » Mathieu Taillasson, responsable de site : « Le fait d’avoir suivi une formation en management m’a beaucoup apporté dans la gestion des relations humaines. » David Johanet, responsable pour les trois sites : « Le fait de devenir responsable boulanger de l’ensemble des sites m’a permis de développer mes compétences et ma capacité d’ouverture pour mieux écouter mes collaborateurs et ainsi mieux les épauler. J’ai aussi développé mon écoute pour comprendre les attentes des autres secteurs comme la vente, ce qui nous permet de mieux gérer l’organisation et l’humain. »

La réussite de Franck Debieu ne se qualifie pas seulement en terme de chiffre d’affaire. D’une manière qui saute aux yeux lorsqu’on découvre l’une de ses boulangeries, le pain fait chez lui des heureux de deux sortes : ceux qui le dégustent | ceux qui le font & le vendent. Un mariage, donc, entre le phalanstère et la libre entreprise, le muscle et le cœur, l’acidité (du levain) et la douceur.

Never miss a post
Name: 
Your email address:*
Please enter all required fields
Correct invalid entries

UA-21892701-1